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et de la forêt d’Aquitaine Laboratoire National de la Protection des Végétaux Station d'Etude des Techniques de fumigation et de
Protection des Denrées Stockées (LNDS) Chemin d'Artigues - 33150 CENON - Tél 05 56.32.62.20 - Fax : 05 56.86.51.50 | | | Destinataires SDQPV, tous SRPV, CTBA, professionnels du bois, fumigateurs, |
| N/Réf. : DP/MM n° 03-391 |
| Cenon, le 13 Novembre 2003 | |
Patrick DUCOM
Ingénieur en Chef du GREF
Directeur
du Laboratoire
Courriel : patrick.ducom@agriculture.gouv.fr
La NIMP 15 (Norme Internationale de mesures phytosanitaires
n° 15) est une norme internationale qui prévoit que les bois circulant d’un pays
reconnu infesté (Union Européenne, Chine, Australie, Etats Unis, etc) par tel
ou tel insecte des forêts ne peut entrer dans un territoire indemne sans désinsectisation.
Il est actuellement proposé deux méthodes de traitement : traitement à la
chaleur et fumigation au bromure de méthyle.
Les fabricants d’emballages bois connaissent bien les
techniques de la chaleur mais ils sont généralement peu ou mal informés sur la
fumigation qui n’est pas une technique traditionnelle de leur métier. Cela se
traduit par de nombreuses demandes de renseignements : le bromure de méthyle
ne va-t-il pas être interdit fin d’année prochaine ? Quel est l’intérêt de
la fumigation ? Comment la met-on en œuvre ? Quelles sont les perspectives,
etc.
Voici quelques éléments de réponse.
Il a été admis que les insectes dangereux de quarantaine[1] étaient des
insectes de la forêt qui finissent leur cycle dans le bois coupé, mais qui sont
incapables par la suite de se reproduire sur des bois morts et secs. Par contre,
à l’arrivée à destination, ils peuvent s’échapper et se reproduire sur les arbres
proches. Le principe de la lutte est donc de détruire au départ tous les insectes
susceptibles d’infester le bois frais. Par la suite, ce bois sera « éternellement »
indemne d’insectes de la nature.
Remarque
Il convient de comprendre la relative sécurité des traitements
non persistants recommandés par la norme. En effet, si, par exemple, une larve
de capricorne des maisons, Hylotrupes bajulus , espèce non réglementée
car cosmopolite, pond sur une planche de palette après la désinsectisation, elle
va se développer et ressembler étrangement à sa collègue capricorne des champs,
par exemple Raghium mordax, qui fait l’objet de la réglementation. L’Inspecteur
Phytosanitaire à destination ne se donnera sans doute pas le mal nécessaire pour
vérifier l’identité de cette larve et risquera de refuser l’entrée des marchandises
supportées par les palettes.
Le bromure de méthyle est homologué en France pour de
nombreux usages mais, comme c’est un fumigant, c’est à dire un gaz toxique, l’utilisation
n’est pas libre. Elle est réglementée par l‘arrêté du 4 août 1986 qui prévoit
essentiellement la formation des opérateurs et un agrément société spécial fumigant.
N’importe quelle société peut acquérir la faculté de réaliser des fumigations
pour son compte ou pour des tiers et il existe un certain nombre de sociétés prestataires
de service spécialisées dans ce domaine.
Le bromure de méthyle participe à la diminution de la
couche d’ozone et, à ce titre, les parties au Protocole de Montréal qui gèrent
le contrôle des substances appauvrissant la couche d’ozone ont décidé son élimination
fin 2004 pour les pays développés. D’où les rumeurs sur l’interdiction du bromure
de méthyle, même pour la fumigation des emballages. Or ceci est faux : les
parties ont décidé que le bromure de méthyle, utilisé pour la quarantaine, ne
serait pas soumis au contrôle pour éviter la propagation de nuisibles et ne pas
interdire les échanges internationaux. La conséquence est que son utilisation
n’est pas limitée dans le temps et que des quotas spéciaux sont prévus pour cela.
De même, un certain nombre d’usages dits "critiques" seront autorisés
année après année par suite du manque d’alternatives économiquement viables.
Les caractéristiques d’utilisation du bromure de méthyle
sont décrites dans le tableau ci-dessous . Pour mémoire, il y a la colonne
"chaleur" pour rappeler l’autre technique de la NIMP 15.
| Caractéristique |
Fumigant |
Chaleur |
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Rapidité | 16h | |
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Coût
variable | 0,5
€ / m3 d’enceinte | |
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Qualification
du personnel | Stage
de formation, opérateur qualifié | |
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Structure
de désinsectisation | Enceinte
étanche (séchoir, conteneur, film polyéthylène, type ensilage) | |
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Etat
du bois | Teneur
en eau indifférente mais ressuyé | |
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Température | >
10° C | |
La fumigation est une technique souple qui peut être mise en oeuvre dans des conditions variées. Pour la routine, qui correspond aux volumes moyens à désinsectiser et qui exige une manutention simple, on a recours aux enceintes de fumigation dont le volume est fixe. Par contre, s’il faut subitement traiter un très grand ou très petit volume, on peut réaliser une enceinte provisoire avec du film polyéthylène. C’est plus compliqué que de remplir une chambre, mais on peut réaliser ainsi une commande particulière.
Elle permet aussi de désinsectiser des emballages déjà
pleins, palettes ou caisses, le plus souvent en conteneur, comme cela se pratique
partout dans le monde, 50.000 opérations en France en 2002.
Actuellement, outre les fumigateurs, une dizaine de fabricants
d’emballages ont fait la démarche de la certification des opérateurs en fumigation[2].
Le bromure de méthyle devra à terme céder sa place quand
d’autres gaz ou techniques seront reconnus aptes à le remplacer. Voici les alternatives
en cours d’étude.
Le fluorure de sulfuryle (SO2F2), déjà accepté par l’Australie depuis les Etats-Unis
où ce gaz est déjà homologué pour cet usage, durée d’exposition au gaz et minimum
de température comparables au bromure de méthyle.
La phosphine (PH3),
acceptée par la Nouvelle Zélande, très bon marché- 0,15€/m3-, mais durée d’exposition
longue, 5 à 10 jours, et température supérieure à 15°.
Le sulfure de carbonyle (COS), non encore utilisé, mais excellent sur bois sec,
même caractéristiques d’utilisation que le bromure de méthyle.
Le méthyl-isothiocyanate (MITC), utilisé aux USA pour le traitement des poteaux
électriques, très rapide, etc.
Par ailleurs la technique d’imprégnation par trempage
avec des insecticides persistants, actuellement acceptée par l’Australie, devrait
à terme obtenir une homologation internationale pour tous les usages sans contact
alimentaires.
Cependant, comme il faut un consensus entre les 135 pays
de la convention Internationale pour la Protection des Plantes, il faudra du temps
pour que ces techniques reçoivent l’aval de tous les pays signataires.
La décision d’investissement pour satisfaire la NIMP 15 ne doit pas se limiter à la seule technique de la chaleur mais prendre en compte la souplesse de la fumigation et les perspectives intéressantes dans les insecticides de contact. Comme toujours, la meilleure décision serait peut être de pouvoir réaliser l’une ou l’autre des techniques en fonction des quantités demandées, de l’époque de l’année, de la dimension des pièces, etc..
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